Électricité

Stocker l'énergie à l'aide d'un système électrochimique

sciences · Durée indicative : 5 h

Comprendre le fonctionnement d'une pile et d'un accumulateur (transformations d'oxydoréduction aux électrodes), étudier charge et décharge, et calculer l'énergie stockée (E = U × Q) et l'énergie massique des batteries d'un appareil photo ou d'un flash de reportage.

1. La pile : transformer l'énergie chimique en énergie électrique

Pile avec électrodes de zinc et de cuivre, ampoule et circulation des électrons
Dans une pile, la réaction chimique pousse les électrons dans le circuit extérieur : énergie chimique → énergie électrique.

La pile d'une télécommande de flash ou l'accumulateur d'un boîtier photo ont un point commun : ils contiennent des réactifs chimiques qui, en réagissant, libèrent des électrons et produisent un courant électrique.

Pile : dispositif qui convertit de l'énergie chimique en énergie électrique grâce à une réaction d'oxydoréduction spontanée. Une pile usagée ne se recharge pas : ses réactifs sont consommés.

Accumulateur (batterie rechargeable) : pile rechargeable. En décharge, il convertit l'énergie chimique en énergie électrique ; en charge, il convertit l'énergie électrique reçue en énergie chimique stockable (la réaction se produit en sens inverse).

Exemple — la pile Daniell (zinc-cuivre) : on plonge une lame de zinc dans une solution contenant des ions Zn2+ et une lame de cuivre dans une solution contenant des ions Cu2+. Reliées par un circuit, on mesure une tension d'environ 1,1 V.

  • Électrode de zinc (pôle −, anode) : le zinc s'oxyde (perd des électrons) : Zn → Zn2+ + 2 e−.
  • Électrode de cuivre (pôle +, cathode) : les ions cuivre se réduisent (gagnent des électrons) : Cu2+ + 2 e− → Cu.

La lame de zinc s'use, du cuivre métallique se dépose sur la lame de cuivre. La pile s'arrête quand un réactif est épuisé.

Rappel vocabulaire : oxydation = perte d'électrons (à l'anode, pôle − en décharge) ; réduction = gain d'électrons (à la cathode, pôle +). Les électrons circulent dans les fils du pôle − vers le pôle +.

2. Charge et décharge d'un accumulateur

La batterie lithium-ion d'un boîtier photo est un accumulateur : on la recharge après chaque reportage. Lors de la charge, le chargeur impose un courant qui force la réaction d'oxydoréduction en sens inverse : l'énergie électrique est stockée sous forme chimique. Lors de la décharge (utilisation), la réaction spontanée restitue cette énergie sous forme électrique.

Étudier expérimentalement charge et décharge (protocole) :

  • 1. Brancher l'accumulateur sur un chargeur (ou un générateur) en intercalant un ampèremètre ; placer un voltmètre aux bornes.
  • 2. Relever la tension U et l'intensité I au cours du temps pendant la charge : U augmente progressivement jusqu'à sa valeur maximale.
  • 3. Brancher ensuite l'accumulateur sur une lampe ou une résistance (décharge).
  • 4. Relever U(t) : la tension diminue lentement puis chute brutalement en fin de décharge : il faut alors arrêter pour ne pas dégrader l'accumulateur.
  • 5. Comparer les durées et les énergies mises en jeu dans les deux phases.

3. Capacité, intensité, durée d'utilisation

Sur la batterie d'un boîtier photo, on lit par exemple « 1 200 mAh ». C'est la capacité de l'accumulateur : la quantité d'électricité qu'il peut fournir avant d'être déchargé.

Capacité Q d'un accumulateur : quantité d'électricité disponible. Unités : ampère-heure (Ah) ou milliampère-heure (mAh). 1 Ah = 1 000 mAh. En unités SI : 1 Ah = 3 600 C (coulombs).

Q = I × t

  • Q : capacité en ampère-heure (Ah)
  • I : intensité du courant débité en ampère (A)
  • t : durée d'utilisation avant décharge complète en heure (h)

Formules transformées : t = Q / I et I = Q / t.

Exemple résolu — Autonomie en reportage : un flash cobra est alimenté par un pack d'accumulateurs de capacité Q = 2,0 Ah. En utilisation soutenue (rafales), le courant moyen est I = 0,80 A. Quelle est l'autonomie ?

t = Q / I = 2,0 / 0,80 = 2,5 h, soit 2 h 30 min.

Conseil métier : pour un mariage, prévoir un second pack chargé.

4. Énergie stockée et énergie massique

E = U × Q

  • E : énergie stockée en watt-heure (Wh)
  • U : tension d'utilisation en volt (V)
  • Q : capacité en ampère-heure (Ah)

En unités SI : E (en joule) = U (V) × Q (C), avec Q en coulomb = capacité en Ah × 3 600.

Énergie massique = E / m, exprimée en Wh·kg−1 : énergie stockée par kilogramme de batterie. C'est le critère décisif pour le matériel embarqué (boîtiers, drones, flashs autonomes).

Exemple résolu — Batterie lithium-ion de boîtier photo : Q = 1,2 Ah, U = 7,2 V, masse m = 45 g = 0,045 kg.

Énergie stockée : E = U × Q = 7,2 × 1,2 = 8,64 Wh ≈ 8,6 Wh.

En joules : E = 8,64 × 3 600 ≈ 3,1 × 104 J.

Énergie massique : 8,64 / 0,045 = 192 Wh·kg−1, valeur typique du lithium-ion (100 à 250 Wh·kg−1), bien supérieure aux anciennes technologies Ni-MH (60 à 100 Wh·kg−1) : c'est pourquoi tous les boîtiers modernes utilisent le lithium-ion.

Sécurité et environnement : ne jamais court-circuiter une batterie lithium (dégagement de chaleur, risque d'incendie), ne pas la percer ni l'exposer à la chaleur (sac photo laissé en plein soleil). Piles et accumulateurs usagés contiennent des métaux toxiques : ils se trient en collecte sélective (bac à piles du laboratoire), jamais à la poubelle ordinaire. Repérer les pictogrammes de danger sur les étiquettes.

Exercices d'entraînement